
Jardin botanique de Sir Seewoosagur Ramgoolam
Jardin botanique de Sir Seewoosagur Ramgoolam
À Pamplemousses, le plus ancien jardin botanique de l'hémisphère sud rassemble sur 37 hectares trois siècles de collections végétales et de patrimoine colonial.
Le Jardin botanique de Sir Seewoosagur Ramgoolam, situé à Pamplemousses au nord de l'île Maurice, s'étend sur 37 hectares à une quinzaine de kilomètres de Port-Louis. Souvent appelé Jardin botanique SSR ou Jardin de Pamplemousses, il rassemble des collections d'arbres et de plantes tropicales accumulées depuis 1736, ce qui en fait l'un des plus anciens jardins botaniques de l'hémisphère sud.
Pourquoi visiter le jardin botanique de Pamplemousses
Le site combine trois intérêts. D'abord, une collection botanique constituée sur près de trois siècles, avec des espèces rapportées du monde entier par les administrateurs successifs. Ensuite, un patrimoine bâti hérité de la période coloniale française et britannique : château, obélisque, portail en fer forgé, pont. Enfin, un cadre paysager praticable en quelques heures, à proximité immédiate de la capitale, qui en fait une étape logique pour qui circule dans le nord de l'île.
Les amateurs d'histoire trouveront ici un condensé de l'histoire mauricienne, depuis l'époque des compagnies des Indes jusqu'à l'indépendance de 1968. Les visiteurs intéressés par la nature s'attarderont sur les nénuphars Victoria Amazonica, les baobabs et les nombreuses variétés de palmiers.
Histoire du jardin
La genèse du site remonte à 1736, lorsque Mahé de Labourdonnais, alors gouverneur de l'Isle de France, fait aménager un potager destiné à approvisionner sa résidence et la ville voisine. Le développement botanique proprement dit revient à Pierre Poivre, botaniste et administrateur colonial français, qui transforme le potager en jardin d'acclimatation à partir des années 1760. Poivre y introduit des espèces rapportées de ses voyages : laurier des Antilles, arbre à pain des Philippines, manioc du Brésil, cannelier de Malabar, ainsi que la muscade et le giroflier qu'il cherche à soustraire au monopole hollandais.
Le jardin passe ensuite sous la direction de Jean-Nicolas Céré en 1775, qui poursuit les introductions, puis du professeur écossais James Duncan en 1849, sous l'administration britannique. Chaque période ajoute des collections, plante des allées et structure le parc.
Qui était Sir Seewoosagur Ramgoolam ?
Le jardin prend son nom actuel en 1988, en hommage à Sir Seewoosagur Ramgoolam, considéré comme le « Père de la Nation » mauricienne. Leader du mouvement indépendantiste, il fut Premier ministre puis gouverneur général de Maurice, et joua un rôle central dans l'accession du pays à l'indépendance en 1968.
Ce qu'il faut voir sur place
L'étang aux nénuphars Victoria Amazonica
C'est l'image associée au jardin. Les feuilles circulaires de ces nénuphars géants, originaires d'Amazonie, peuvent atteindre deux mètres de diamètre. La tradition locale prête à leurs feuilles la capacité de supporter le poids d'un enfant — affirmation à prendre avec prudence. Les fleurs blanches éclosent en revanche bien la nuit, et changent de couleur en quelques jours.
Les collections végétales
Plusieurs zones méritent un arrêt : l'allée des palmiers (palmistes, talipots, royaux), les baobabs, les arbres à épices (girofliers, muscadiers, canneliers), ainsi que des arbres plantés par des personnalités étrangères en visite officielle — la princesse Margaret, Indira Gandhi, François Mitterrand ou encore Robert Mugabe. Près de la sortie nord, un enclos abrite des cerfs et des tortues géantes d'Aldabra. Côté avifaune, le fody de Madagascar, petit oiseau au plumage cramoisi, est facile à repérer.
Monuments et patrimoine bâti
Le Château de Mon Plaisir, ancienne résidence du surintendant du jardin, élevé sur le site de la demeure de Labourdonnais. Il est classé au Patrimoine national.
L'Obélisque Liénard, en marbre blanc, offert en 1861 par François Liénard de la Mivoye en hommage aux contributeurs au patrimoine naturel de l'île. Classé Patrimoine national en 1958.
Le Portail en fer forgé de l'entrée principale, également don de Liénard, présenté à l'exposition universelle de Crystal Palace à Londres en 1862.
Le Pont des soupirs, ouvrage de la période coloniale française.
Une raffinerie de sucre datant de 1953, conçue comme reproduction des anciennes raffineries pour illustrer les procédés traditionnels.
Informations pratiques
Comptez deux à trois heures pour faire le tour des principaux secteurs sans presser le pas. Le parc est ouvert tous les jours en journée ; les tarifs d'entrée pour les visiteurs étrangers restent modérés et un supplément peut s'appliquer pour les visites guidées. Vérifiez les horaires et tarifs en vigueur avant votre venue, ils évoluent.
Prévoyez chaussures fermées (les allées sont longues), chapeau, eau et protection solaire. Une visite guidée par un botaniste local est recommandée pour identifier les espèces et comprendre le contexte historique : seuls quelques arbres sont étiquetés.
Quand visiter
Le jardin se visite toute l'année, le climat tropical mauricien restant praticable en toute saison. La période la plus agréable couvre l'hiver austral, de mai à octobre, avec des températures plus douces et un taux d'humidité plus bas. L'été (novembre à avril) est plus chaud et sujet à des averses tropicales ; en contrepartie, la végétation est à son maximum d'exubérance et les nénuphars Victoria Amazonica fleurissent de manière plus spectaculaire. Privilégiez le matin pour profiter de la lumière et éviter la chaleur.
Comment s'y rendre
Le jardin se trouve à environ 11 km au nord-est de Port-Louis, dans le village de Pamplemousses. En voiture de location, comptez une vingtaine de minutes depuis la capitale par la M2, avec un grand parking devant l'entrée. Depuis Grand Baie ou Trou aux Biches, le trajet prend également 20 à 30 minutes selon le trafic.
En transport public, des bus relient régulièrement Port-Louis (Immigration Square) à Pamplemousses ; l'arrêt se trouve à 10-15 minutes de marche du portail. Les taxis et VTC fonctionnent également depuis la plupart des stations balnéaires du nord.
À proximité
Le nord et le centre de Maurice offrent plusieurs prolongements à une visite du jardin. Port-Louis et son marché central se trouvent à une vingtaine de minutes en voiture. Plus au sud, le domaine des Aubineaux et le Domaine de Saint Aubin permettent de prolonger la thématique coloniale et agricole avec des maisons de planteurs ouvertes à la visite. Pour une journée nature, la Terre des sept couleurs à Chamarel illustre la géologie singulière de l'île, tandis que la Montagne Lion propose une randonnée panoramique au sud-est. Les amateurs d'histoire pourront compléter avec le Musée national d'histoire de Mahébourg.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Comptez deux à trois heures pour parcourir les principaux secteurs (allée des palmiers, étang aux Victoria Amazonica, monuments, enclos des tortues). Une demi-journée permet une visite plus contemplative.
Oui, vivement recommandée. Peu d'arbres sont étiquetés et un guide botaniste apporte le contexte historique et scientifique. Des guides indépendants attendent à l'entrée ou peuvent être réservés à l'avance.
Les allées principales sont planes et carrossables, ce qui permet une visite partielle en fauteuil. Certaines portions secondaires sont en terre battue ou présentent des racines apparentes.
Les Victoria Amazonica fleurissent toute l'année à Maurice mais sont particulièrement spectaculaires durant l'été austral, de novembre à avril. Les fleurs blanches éclosent la nuit et virent au rose le lendemain.
Oui sans difficulté. Pamplemousses se trouve à une vingtaine de minutes en voiture de la capitale. Une matinée au jardin et un après-midi au marché central et au Caudan Waterfront constituent un itinéraire courant.
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